Le carreau de ciment est né en Ardèche (en France) vers 1850, un territoire où la cimenterie était très présente à l’époque. On le doit plus précisément à Étienne Larmande, un entrepreneur des travaux publics, qui fut donc l’inventeur du carreau de ciment et de son procédé de fabrication si particulier : ils sont réalisés artisanalement par compression hydraulique (sans cuisson).
Devenus un indispensable dans les maisons d’époque françaises, car accessibles à tous les milieux, les carreaux de ciment ont fini par être présentés à l’Exposition universelle de 1867 à Paris – par l’entreprise barcelonaise Garret, Rivet et Cie – comme un carrelage résistant et décrit comme une alternative à la pierre et au marbre, alors bien plus chers. Une mise en avant qui a permis à ce matériau de s’étendre au-delà de l’Hexagone et de séduire les Européens, ou encore les Américains.
Si ce revêtement a donc évolué et voyagé au fil du temps, sa fabrication est, quant à elle, restée artisanale. Des moules cloisonnés remplis de mélanges à base d’eau, de ciment blanc, de poudre de marbre blanc, de sable, et de pigments sont fortement comprimés par une presse hydraulique, donnant ainsi ce résultat incroyablement unique, lisse et mat, la caractéristique des carreaux.